
Portraits de la Route - Hièrarchie d'une compagnie
D'après Nicolas Savy


A la tête de chaque compagnie était placé un capitaine, tout autant chef militaire qu'entrepreneur.
En charge de
ses hommes douze mois sur douze, c'est lui qui trouvait et négociait
les embauches.
Indépendante sur le plan commercial, la compagnie était à
la disposition de son loueur une fois le contrat
signé ; celui-ci pouvait couvrir une période allant de deux
semaines à quelques mois et était renouvelable.
Quelques capitaines connus : Bertucat, Bâtard d'Albret qui travaillait
de concert avec Bernard de la Salle /
Archambaud de Grailly, captal de Buch / Noli Barba / Bourg Camus / Aymar d'Ussel
...
Le capitaine était presqu'un père pour ses hommes, il devait
défendre leurs intérêts matériels et les protéger
par sa vigilance, son discernement et son parfait jugement, tout comme il
se devait d'être généreux avec eux
les honorant après la mort ou la venger.





Certains chefs
de bande étaient, sinon titrés, tout au moins apparentés
à la noblesse, car on trouvait une forte
proportion de bâtards parmi eux, comme Bertucat d'Albret ou le bâtard
de Monsac.
D'autres, moins nombreux, tel le surnommé Petit Meschin, étaient
issus du peuple. Ceux originaires du
Quercy étaient généralement nobles.
La hiérarchie d'une compagnie ne se limitait pas à deux échelons,
le capitaine et ça troupe. Entre ces deux
extrémités existaient quelques rangs intermédiaires qui
permettaient un commandement efficace et adapté
à la forme de combat que menaient généralement les compagnies
de routiers en Quercy ; d'autre part,
celui-ci était conditionné par les possibilités des différents
types de combattants que l'on pouvait trouver à
l'intérieur d'un même détachement.
Chaque capitaine, qu'il ait eu une ou plusieurs compagnies sous ses ordres,
choisissait un lieutenant pour le
seconder où le remplacer en cas d'absence. Ces adjoints avaient un
importance particulière au sein de la
hiérarchie de la compagnie


Au sein de chaque
compagnie se trouvaient un ou plusieurs connétables. Choisis
par le capitaine parmi les
hommes les plus compétents de sa troupe, ils étaient chargés
du commandement opérationnel de tout ou
partie de la compagnie lorsqu'elle était en campagne, permettant ainsi
à leur chef d'utiliser des combinaisons
tactiques en scindant l'ensemble en plusieurs éléments. Ils
participe aux négociations préalable à la
conclusion de patis et de suffertas. Ainsi, bien que membres de sa compagnie
au même titre qu'un modeste
sergent d'armes, le connétable, par sa fonction, ses capacités
ou sa naissance était un personnage à part qui
non seulement participait aux prises de décision la concernant, mais
touchait aussi des dividendes de son
action.
La compagnie
ne pouvait fonctionner sans une entité administrative pour seconder
le capitaine et ses
subordonnés : il fallait noter les gages payés aux hommes, répartir
les approvisionnements, rédiger les traités
passés avec les localités, etc ... Cette gestion était
confiée à des clerc que l'on trouvait en permanence présent
à côté des combattants, que la compagnie soit en chevauchée
ou solidement retranchée dans un château,
une église ou un village fortifié. Ces clerc étaient
des personnages incontournables se chargeant aussi des
finances et de la trésorerie.
Lorsqu'un détachement
s'installait dans un point fort, plusieurs hommes prenaient les fonctions
de gardien
des portes et l'un d'entre eux, appelé le portier, avait autorité
sur tous les autres. Leur travail avait une
importance accrue, car il s'effectuait dans une zone hostile et les repaires
dont ils avaient la garde étaient des
bases indispensables au rayonnement militaire de leurs compagnies.
Le portier est un personnage que l'on retrouve dans l'ensemble du monde castral
médiéval, responsable de
la garde de la porte du château.







Des combattants
à pied furent présents au sein des compagnies, mais il n'est
pas possible de dire si leur
présence était systématique. Une seule mention fait état
de combattants à pied opérant seul ; elle émane de
la Dame de Gourdon qui avertissait les consuls de Cajarc, le 16 mars 1356,
que Goujounac venait d'être pris
par mille cinq-cent archers anglais, chiffre certainement exagéré;
Lorsque les hommes de pied sont mentionnés dans les registres, ils
sont souvent peu nombreux, mais leur
présence n'en est pas moins attestée.
Si beaucoup de texte font état de la présence de cavaliers,
la majorité ne fait pas de distinction entre
combattants à pied et à cheval, car ils évoquent plus
généralement des « hommes combattants ».


Et tous les autres dont il manque encore les photos
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