"BONAGUIL 1380"

C'est à la suite du projet de l'assaut du donjon de Luzech, qui a permit de démontrer toute la difficulté de prendre d'assaut un point fort avec une troupe peu nombreuse, que l'idée de la reconstitution d'une route ayant pris par ruse un point fort nous est logiquement venu. En effet, cette fois nous avons laisser le « pôle combats » de côté pour approfondir nos connaissances sur la vie quotidienne d'une route en position de force proche d'une ville importante comme Fumel.



Le but de cette expérience était de vivre pendant quatre jours dans ce château en aménageant au maximum les salles à vivre ; les pièces hautes du donjon pour le capitaine et ses chevaliers, la cuisine, la salle des gardes … . Respecter la hiérarchie afférente à ces compagnies qui évoluaient fin XIVème siècle en Quercy, comprendre et recréer la garde d'un tel cite, le quotidien des hommes d'armes, de l'intendance, des seigneurs, en suivant une fois de plus les recherches de Nicolas Savy et son ouvrage « Les villes du Quercy en Guerre ».


Tout au long de ces quatre jours, nous nous sommes naturellement confrontés à de multiples difficultés ; la protection en homme du cite reste en soi une des plus importantes.

En effet, le château de Bonaguil, de part sa superficie importante, un quart de la cité de Carcassonne, est un point fort difficile à protéger avec un nombre d'hommes combattants restreint, en effet, au plus fort de l'expérience nous n'avions pour effectif qu'une dizaine d'hommes combattants, un connétable et trois seigneurs. Ne pouvant donc pas assurer le guet par manque d'effectif, nous nous sommes contenté de l'arrière guet, c.a.d un binôme effectuant un déplacement intra ou extra muros, relayé toutes les deux heures environ, car là aussi s'est posé une question essentielle ; le décompte des heures réglant les taches quotidienne suivant le jour et la nuit.



Sortant un peu de « l'expérimentation archéologique », nous souhaitions recréer des « tableaux vivants » mettant en scène plusieurs moments de la vie quotidienne, à la fois des hommes combattants, de l'intendance et de la noblesse.


La plus importante mise en scène a été la rencontre entre un consul de la ville de Fumel, le capitaine de la compagnie et deux de ses chevaliers, la reconstitution d'un traité de « pati », clause de paix passée entre la ville de Fumel et la compagnie de routiers. Plusieurs autres moments comme la livraison de vivres au château par un paysan, les femmes à la préparation du repas, des hommes d'armes s'occupant en jouant aux dés et les seigneurs aux échecs, le repas des nobles servi dans une des salles du donjon aménagée pour l'occasion … etc


Le point culminant de ce off fut très certainement samedi soir à la fin du repas des seigneurs, nous avons annoncé à Jean de Lamothe qu'il allait être adoubé chevalier le lendemain matin dans la chapelle du château de Bonaguil, une grande surprise pour celui-ci qui ne s'y attendait absolument pas et un grand moment d'émotion pour toute la compagnie. La cérémonie religieuse s'est déroulé dans le plus grand sérieux conduit de main de maître par Gaspard de Caillot.


Une autre expérience a été tenté avec succès ; construire un four à pain et refaire cuire, pour la première fois depuis des siècles, un pain dans la salle du four (encore en place) du château de Bonaguil.


L'ensemble de ces mises en scènes et expérimentations ont été filmé, un montage va être réalisé et nous ne manquerons pas de le présenter ici. Cependant, nous sommes tout à fait conscient que des erreurs historiques ont très certainement été commises lors de ces mises en scènes et sommes ouvert à toutes critiques constructives, chacun à son niveau au sein de l'association reste en perpétuelles recherches et remise en cause à tous les degrés de recherche , c'est, je pense, ce qui fait notre force et nous pousse toujours de l'avant vers ce genre d'expérience innovante et d'organisation sans public.


Gausbert de Castahner