Membre de l'International Society pour les Offs : http://offs.xooit.com/index.php

 

Liens directs :

Actualité : Quatre jours en OFF total au château de Bonaguil ... lire la suite

 

Basée en Tarn et Garonne, l'association La Compagnie d'Aucastel s'efforce de reconstituer,
suivant les recherches de Nicolas Savy, historien, une troupe de routiers Anglo-Gascons,
aux services de Richard II d'Angleterre (1377-1399).

 

Bref explicatif :

Le terme de routier vient de l'ancien français "rout" , « rompu » et désigne, à partir du XIIe siècle, une fraction
de troupe, une bande ; les routiers qui la composent deviennent rapidement synonymes de mercenaires et,
dès les années 1350, de soldats incontrôlés et pillards.

Les Compagnies se mettent à foisonner après la signature du traité de Brétigny en mai 1360, lorsque
le roi d'Angleterre, Édouard III, impose aux Français une paix humiliante. Celle-ci n'apporte pas la quiétude
tant attendue dans toutes les campagnes, bien au contraire. Car les gens d'armes, une fois libérés de leur
charge militaire, refusent de se disperser et de revenir à la vie civile. En effet, le retour dans leurs terres
natales ne leur apporterait rien, et ces hommes, habitués à un mode de vie libre et aventureux, préfèrent
continuer la guerre pour leur compte. Ne respectant rien, ils pillent et rançonnent les pays qu'ils traversent,
qu'ils soient sous juridiction française ou anglaise. Dès lors, les souverains doivent affronter ce nouveau fléau.


Ces compagnies s'avèrent assez hétérogènes dans leur composition. La plupart de leurs membres sont issus
de milieux très humbles, déracinés par la misère et la guerre. Mais les personnalités qui intéressent les grands
chroniqueurs attestent de nobles origines. Combien de bâtards parmi les capitaines de compagnie ! Jean
Froissart rapporte ainsi l'exemple du capitaine Le Bascot, également nommé le Bâtard de Mauléon, employé
par les Anglais. Cet « homme d'armes expérimenté et hardi » appartient à la vieille noblesse poitevine ;
écuyer, il gagne ses éperons de chevalier à la bataille de Poitiers (1356), et s'assure d'ailleurs quelques
rentrées d'argent en rançonnant trois hommes d'armes français. Jouissant d'une excellente réputation
militaire, il ne cesse d'être recruté pour partir en campagne : il participe à la croisade de Prusse contre les
païens, réprime une jacquerie en France, affronte les armées françaises tantôt aux ordres du roi de Navarre,
Charles le Mauvais, tantôt à ceux d'Édouard III en 1359 ; et finalement, il rejoint la Grande Compagnie qui
remporte la bataille de Brignais en 1362. Cet aristocrate hésite ainsi entre l'idéal chevaleresque traditionnel et
une vie de rapines.

Extrait du magasine « HISTORIA »

Les compagnies de routiers en Haut-Quercy


Les éléments fondamentaux du conflit franco-anglais, tel qu'il se déroula dans cette zone périphérique aux
grands théâtres d'opérations que constituait le Haut-Quercy, ne changèrent quasiment pas du début à la fin
de la guerre, malgré une situation politique changeante sur un plan plus général.
On sait peu de choses de ces compagnies, ou « routes » qui, suivant l'histoire locale élaborée aux XVIIIème et
XIXème siècle, pillèrent et dévastèrent le pays durant une centaine d'années avec le profit pour seul objectif.
Kenneth Fowler a étudié les compagnies mercenaires qui ont participé à la campagne d'Espagne en 1365-67 ;
il a notamment démontré qu'il ne s'agissait pas de regroupements anarchiques et difficilement
commandables.


Effectifs :


Si l'on en croit la plupart des documents, les détachements recrutés par le roi d'Angleterre pour la garde de
ses possessions continentales avaient en général un effectif inférieur à une cinquantaine d'hommes. Ainsi en
novembre et décembre 1378 pour la « garde du pays des Landes », le connétable de Bordeaux prit à son
service deux compagnies, l'une forte de quarante hommes et l'autre d'une trentaine ... Si la majeure partie de
ces compagnies étaient ainsi constituées d'effectifs modestes, certaine en revanche comprenaient parfois
jusqu'à 160 hommes.


Les documents Quercynois suggèrent eux-aussi des troupes généralement peu nombreuses : on trouve ainsi
des mentions de petits détachements, comme une douzaine d'hommes d'armes ici, ou huit sergents d'armes
là, mais aussi de troupes plus importantes qui, sans être pléthoriques, pouvaient atteindre plus de 80
hommes.


Les lieux où s'installèrent habituellement ces compagnies étaient soit des châteaux, soit des localités. Leurs
effectifs ne leur permettaient pas de s'attaquer avec succès à des bourg ou villes puissamment fortifiés.
Un compte consulaire de Capdenac, daté de 1377, détaille ce que livra ce bourg à la compagnie installée à
Balaguier au titre des patis de l'année. Un patis était une sorte de paix séparée locale, négociée entre une
localité et une ou plusieurs compagnies.

TEXTE EXTRAIT DE « LES VILLES DU QUERCY EN GUERRE » DE NICOLAS SAVY
Editions Savy A.E

 

DEFENDREM LA NÒSTRA TÈRRA!!

Association mobilisée contre l'extraction du gaz de schiste en Quercy

  Website counter